Odyssée Orientale

Carnet de route de deux jeunes qui partent traverser l'Eurasie pendant 6 mois en mobylette, en train, à cheval, en bus et en vélo.

03 janvier 2008

15 jours au Népal !

   L'Inde : dernier pays de notre Odyssée Orientale ; pays où nous sommes tous les deux rentrés par des frontières différentes. Eh oui, en ce début d'année, une grande page se tourne ! Matthieu a pris la route de Delhi pour rentrer en France afin de trouver son stage de fin d'étude et Renaud vient d'arriver à Calcutta où il sera volontaire pendant un mois chez les missionnaires de la Charité (soeurs de Mère Téresa). 6 mois de voyage et d'aventures vécues ensemble sur les routes d'Europe et d'Orient se sont déjà écoulés. Mais tout n'est pas terminé ! Matthieu qui rentre le 7 janvier à Paris a encore quelques jours devant lui pour découvrir la capitale indienne avant de prendre son vol et Renaud dispose de plus d'un mois et demi pour se plonger au coeur de la mission de Mère Téresa.

   Mais avant l'heure de la séparation, nous avons passé de très bons moments à Katmandou et dans sa région. C'est entre francais que nous avons décidé de féter Noel et le Nouvel An, tout en nous refaisant une bonne petite santé... Eh bien oui ! On est francais tout de meme, et la bouffe... c'est rudement important pour nous ! C'est pour cela que le 24 au soir, nous nous sommes fait bien plaisir en dégustant de supers cocktails avant de savourer un bon steak. Amazing !!! Ce pavé tendre bien rouge à l'intérieur et bien cuit à l'extérieur, accompagné de pommes frites et de salade, et arrosé d'une bonne pinte de bière locale : un délice !!! Puis arrive le traditionnel échange de cadeaux : on débale, on s'embrasse... c'est la fete ; une ambiance de Noel où nous sommes tous heureux avec un grand sourire aux lèvres !

   Sans oublier celui pour lequel nous sommes réunis, nous avons en vain essayé de trouver une messe de minuit, mais dans un pays où les chrétiens ne représentent que 2 % de la population, autant dire que ce n'était pas évident. Alors tant pis, pour nous ce sera la messe de Noel du 25 au matin...

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(Armelle, Renaud, Vidian, Matthieu et Eric)

   RDV 10h dans Thamel avec un népalais chrétien rencontré dans une guesthouse quelques jours plus tot. Il nous emmene alors à cette fameuse messe de Noel. Mais il s'agira en fait d'une cérémonie protestante en népalais... Parmi quelques 200 personnes présentes, nous étions les seuls blancs ; pas étonnant quand on voit a quel point la salle qui nous servait d'église était perdue dans un modeste quartier de la capitale.

   Le lendemain, l'appel de l'aventure se fait à nouveau ressentir. Nous aimerions sortir de la ville et découvrir autre chose. Nous décidons donc de nous éclipser quelques jours à moto dans la campagne. Et là, c'était carrément ENORME !!! Le 26 a 8h, nous louons 4 motos de 150 cm3. Un peu d'appréhension pour Matthieu qui n'avait jamais conduit de moto manuelle mais la perspective de chevaucher à nouveau un deux-roues ne nous a pas fait hésiter une seconde.

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   C'est parti ! 1er objectif : nous extirper de la ville à travers une circulation folle et grouillante de voitures, camions, vaches, chiens, vélos et tout ce qui a des roues ou des pattes pour se déplacer. Le doigt crispé sur nos klaxons et nos regards attentifs au moindre mouvement des véhicules environnants, nous avancons lentement mais surement en direction de la route qui nous mènera jusqu'au parc naturel de Langtang au nord de Katmandou : un parc magnifique d'où nous pourrons à nouveau admirer les sommets enneigés de la chaine himalayenne.

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   C'est plus calme, le traffic diminue : nous voilà sortis de la capitale. Maintenant on passe la seconde et on met la gomme ! On se double, on essaie de s'impressionner à coups d'accélérateur... bref on s'amuse bien ! A travers un épais brouillard, nous progressons sur une étroite route humide et en lacets dans la campagne népalaise. Dans le creux d'un virage, Eric chute ! Aie ! Heureusement, plus de peur que de mal. Ca nous a tous un peu refroidi - dire qu'on avait l'impression de maitriser ! Plusieurs dizaines de km plus loin, la route est terminée : à partir de maintenant, pour rejoindre Dunche, la ville située à l'entrée du parc, il faudra emprunter une piste poussiéreuse, défoncée et caillouteuse. C'est lent et ca secoue, mais on s'éclate ! On se croit meme sur les pistes du Paris-Dakar. Le temps passe et nous ne sommes pas assez rapides, alors nous décidons de faire une halte dans un petit village sur le bord de la piste. Cool, on nous offre un thé... nous acceptons, finalement heureux de faire une pause. Un attroupement d'hommes, de femmes et d'enfants se forme autour de nous, curieux et à nos petits soins. Nous voilà invités à passer la nuit dans la petite bicoque d'une famille du village. Il s'agit d'ailleurs plutot d'une étable construite à la chaux avec un toit en paille, dans laquelle habite un petit veau - quoi de mieux pour le temps de Noel !!! La soirée se résumera à une petite ballade à pied dans les hauteurs, suivis par les enfants surrexcités du village qui voulaient sans cesse jouer avec nous, puis au diner que nous ont servi nos hotes.

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   Waouh ! C'est le matin, les premiers rayons du soleil percent les volets de bois et la femme de la maison, une népalaise d'un certain age, fait soudainement irruption dans la petite salle où nous dormions tous. Apparement, c'est l'heure du petit-déj. Et quel petit-déj !!! Un dhal-bat : le fameux plat népalais à base de lentilles et de riz que l'on trouve partout dans le pays. Pour un petit-déj, autant dire que ca cale ! Nous avons de la route à faire... il est temps de remercier nos hotes et de décoller. Mais avant cela, il faut sortir les motos rangées la veille sous un auvent à l'arrière de l'épicerie du village : tout un art ! On allume les bécanes ! Aujourd'hui ca va tracer ! Nous redescendons les 15 km de piste qui nous avaient emmené jusqu'au petit village en slalomant entre les pierres et les bandes de sable tout en admirant les cultures en terrasse tapissant les montagnes environnantes. C'est beau ! Tiens, revoilà l'asphalte : on enchaine les vitesses, accélérateur à fond, et c'est reparti sur les petites routes de montagne. Petits coups de stress de temps en temps lorsqu'un bus sort soudainement d'un virage où nous arrivions un peu vite... Généralement les mains se crispent et serrent tout : frein comme embrayage et klaxon... amusant mais un poil dangeureux quand meme ! Le plus marrant c'était le retour dans la capitale, où, fort de notre expérience de deux jours, nous débarquons tout fiers dans un traffic endiablé. Klaxon à fond, nous serpentons entre les divers véhicules avant de nous arreter en plein centre de Thamel devant le loueur de moto. Eh bah dis donc... bien sympathique cette petite ballade ! Nous avons un petit creux ; c'est l'heure de se faire péter le bide !!!

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   Ben oui, sur la dizaine de jours où nous avons séjourné dans la capitale, nous avons passé beaucoup de temps à nous restaurer et à rattraper notre retard dans nos mails, sur le blog etc... ce qui ne nous aura pas laisser beaucoup de temps pour explorer Katmandou. Ce n'est pas grave ; nous garderons un excellent souvenir de cette ville où nous en avons bien profité pour nous reposer et nous marrer avec nos amis...

   Petit lien vers l'album photo de Katmandou, Noel et du trip en moto... : Ici. C'est encore mieux que de grands discours !

   Vidian et Armelle nous ont quitté le 29 au matin pour se rendre à Bénarès avant d'aller marcher au Ladak, quant à nous deux, nous nous sommes séparés le 1er janvier au matin après la courte nuit exigée par le passage à la nouvelle année mais aussi par l'heure de départ de nos bus respectifs. 5h, c'est l'heure à laquelle il a fallu se lever... 7h, nos routes se séparent à la gare de bus de Katmandou. Après un hurlement "vive l'Odyssée Orientale" et une dernière poignée de main complice, le bus de Renaud se met en route vers la frontière indienne en direction de Calcutta. Matthieu, lui, partira une heure plus tard vers Delhi.

   Comme nous le disions au début, c'est une grande page qui s'est tournée. Les séparations ont été un peu difficiles et cela fait bizarre de se retrouver seul après 6 mois de voyage en commun. Mais l'aventure n'est pas terminée, surtout pour Renaud qui continuera d'ailleurs de mettre à jour le blog afin de donner des nouvelles de son service en Inde.

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   Merci de nous lire et nous vous souhaitons encore à tous une très bonne année 2008 !

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25 décembre 2007

Joyeux Noël et Bonne année !!!

(Petit coucou depuis la chaine Himalayenne)

Posté par Les routards 3 à 07:42 - 07. CHINE-TIBET-NEPAL - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 décembre 2007

Rescapés du Tibet !

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   Namaste ! (Que vos qualités soient bénies et protégées des Dieux), les mains jointes : c'est la manière locale de saluer. Alalah !! Quelle joie immense d'être enfin au Népal !! Nous en révions depuis bien longtemps. Cette fois c'est bon, nous allons pouvoir nous poser quelques jours à Katmandou et passer Noël avec un couple d'amis francais : Vidian et Armelle. Pour tout vous avouer, après plus d'un mois au Tibet nous sommes vraiment contents de changer de monde, et maintenant il est temps pour nous de préparer Noël comme il se doit. Mais avant cela, petit retour sur la suite de nos aventures au Tibet !

ARTICLE 1/2 : ETAPE Shigatsé - Zanghmu

   Alors où en étions-nous ?? Ah oui, Shigatsé ! Cette ville du Tibet central où nous étions écoeurés par les têtes et carcasses de yacks sanguinolantes vendues dans la rue au pied même de notre guesthouse. Beurk ! Mais à part ces détails peu appétissants, la ville était sympa et nous avons pu y visiter de belles choses dont le monastère du Tashilumpo : résidence du Panchen-Lama depuis des siècles (deuxième illustre personnage du bouddhisme tibétain après le Dalai-Lama). Après avoir fait le plein de sommeil, de nourriture et... de snickers (oui il faut bien trouver des choses qui nous donnent des forces pour monter les cols), nous revoilà partis sur nos vélos pour de nouvelles aventures !

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Photo "de groupe" avec une statue grandeur nature d'un cycliste européen en VTT !

   Encore une fois nous nous retrouvons sur la route en toute illégalité, c'est à dire sans permis de séjour ni de circulation. Mais ni la police ni l'armée ne prètent attention à deux pauvres cyclistes en galère avancant doucement sous le poids de leur gros chargement. Pour l'instant, l'objectif est d'atteindre Sakya, une petite ville formée autour d'un monastère tibétain très important. Deux jours, un col et nous y voilà ; mais nous avons quand même bien lutté pour les dernières bornes. Il a fallu essuyer une tempète de sable qui nous a bien cassé les jambes, puis terminer en pleine nuit à la lampe de poche. Complètement épuisés, nous nous motivions mutuellement à coup de : "Penses qu'on ne dormira pas sous la tente dans le froid ce soir" ! Quelques lueurs nous laissaient apercevoir le village dans la pénombre. Titubant jusqu'à la chambre d'une petite guesthouse pourrie, nous nous effondrons dans un gros sommeil jusqu'au lendemain...

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   Réveil les jambes lourdes ! Aujourd'hui on glande, on flâne dans le village et on visite le monastère. C'est vrai que c'est encore un monument important de la culture tibétaine, mais franchement on commence à en avoir un peu raz-le-bol de tous ces temples : c'est toujours la même chose. Seul truc un peu "marrant" : la représentation du Bouddha protecteur, effrayant avec ses têtes de mort sur le crâne (cf. photo ci-dessous).

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   Evénement marquant de la soirée : la douche (cf. rubrique anecdotes et moments forts) : le grand luxe d'autant plus que les conditions d'hygiène au Tibet sont tout simplement déplorables ; très certainement parmi les pires du monde. Les toilettes sont toujours dans un état inimaginables, tout comme les cuisines... Pour la petite anecdote, nous étions en train d'attendre le plat de riz que nous venions de commander, la cuisinière mouche son enfant dans ses doigts et continue à préparer notre repas sans même se laver les mains... Bon appétit bien sur !!

   Mais revenons à nos moutons. Nous repartons donc le lendemain sous un grand ciel bleu pour 50 km de route jusqu'à Latsé. De la descente et du plat : facile ! Nous franchissons le cap fatidique des 5000 km depuis... Beijing. La borne en est témoin !

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   Demain nous nous attaquerons au plus haut col de toute la traversée. On sent que ca ne va pas être facile mais on se dit que finalement nous commencons à être bien adapté à l'altitude. Ca devrait donc le faire ! Une bonne platrée de riz et nous voilà sur la route. Coup de stress au passage du checkpoint tenu par des militaires chinois puis nous commencons à grimper. C'est pas facile ! Après 20 km, à 14h, nous nous arrêtons : trop de vent ! "Qu'est-ce qu'on fait ?" Extenués, on décide de planter la tente sous un pont passant juste sous la route (ca aussi, on commence à en avoir l'habitude). On est bien protégés du vent. C'est parfait, on attendra jusqu'au lendemain, que les conditions soient meilleures. La nuit, un froid glacial : sans doute plusieurs dizaines de degrés en dessous de 0. Mais le matin au moins, plus un souffle. Super ! On va enfin pouvoir se le faire, ce col de #### (censure). A ce moment-là, nous ne savions pas encore ce qui nous attendait. Il nous a fallu 10 km pour arriver en haut ; 10 km au cours desquels un vent des plus glacials s'est levé... Bienvenue dans l'Himalaya ! C'est la porte sur le Toit du Monde !!! Là, ca commence à être vraiment dur ! Au niveau du souffle ca va, mais le vent est tellement fort, qu'il nous glace jusqu'aux os et nous empêche d'avancer. Nous arriverons à l'altitude max de 5250 m après plusieurs heures de monté (pour 10 km) - pas étonnant quand on fait une pause de plusieurs minutes tous les 50 m.

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   La gorge brulée par le froid intense et très sec, les doigts des pieds et des mains congelés, nous voilà arrivés au top. Whaouh !!! Une vue imprenable sur l'Himalaya nous fait oublier, l'espace d'un instant, les douleurs infligées à nos membres meurtris par le froid. Les bouteilles d'eau gelaient en quelques minutes et nos gants, censés résister à - 15 degrés, n'empêchaient plus nos doigts de geler. D'ailleurs, un doigt de Renaud est devenu insensible - il faut le réveiller ! Une seule solution : le mettre au chaud au niveau de l'entre-jambe. Le sang revient mais là, ca fait carrément très mal ! Enfin, au bout de quelques instants, à l'abri du vent, on se sent un peu mieux. Bah maintenant il va falloir songer à redescendre !

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   5 km après le col, c'est la fin ; nous nous arrêtons ! Là, nous faisons face à un grave problème : ce sont nos parties génitales qui commencent à geler. Aie ! Matthieu, mal en point se tord de douleur. En plus, il nous reste 45 km à faire jusqu'au prochain village avec le vent de face, et nous ne pouvons plus boire car toute l'eau est gelée. Il n'est donc pas question de planter la tente, il faut trouver une solution immédiatement. La décision est vite prise : il faut arrêter un véhicule !

   Quelques longues minutes d'attente... Renaud fait de grands signes au passage du moindre tracteur, camion ou autre véhicule jusqu'à ce qu'un 4x4 de chinois s'arrête. Nous sommes sauvés ! Quelques difficultés pour mettre les vélos et le chargement sur le toit puis, tout serrés, nous dégustons ces quelques km au chaud dans la voiture. C'est quand même génial comme invention : c'est tellement plus rapide et moins contraignant !

   Le bilan de la journée n'est finalement pas très positif. Renaud est fiévreux : il a chopé une sale angine doublée d'une sinusite, et son pouce lui fait toujours mal. Il faut du repos... un jour et demi au plumard à boire de l'eau chaude dans une chambre glacée (oui car le chauffage n'existe pas dans cette région). Ce col nous a bien refroidi... dans tous les sens du terme. En tout cas, plus question de se rendre au camp de base de l'Everest en vélo : il y a des cols à plus de 5200 m et nous ne sommes plus en état de les grimper. Par chance, nous trouverons une Jeep de touristes chinois qui s'y rendait depuis Shegar, la ville où nous étions. Ni une ni deux, nous voilà embarqués pour l'Everest... Le Toit du Monde..., le voilà en personne !

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   Plusieurs minutes d'extase en silence au pied du géant qui a fait et fait toujours rêver tant de monde. 8848 m ! Il défie les cieux et domine le monde ! C'est complètement dingue et merveilleux à la fois ! Autour de lui, d'autres sommets comme le Lotsé et le Makalu culminent eux aussi à plus de 8000 m. Que dire ?? Rien, seulement contempler !

   Retour à Shegar : Renaud se sent un peu mieux. Demain nous reprenons la route pour Tingri : 62 km de plat. Ce sera le test ; si tout se passe bien nous passerons en vélo les derniers cols avant le Népal. Si ce n'est pas le cas, alors nous aviserons ! Nous ne voulons plus nous retrouver dans la même galère que pour le précédent col.

   La route qui s'annoncait très bien sur les 10 premiers km, d'autant plus que nous avons passé un gros checkpoint sans embrouille (alors qu'il était plus sérieux que les autres - cf. photo ci-dessous), s'est rapidement gatée. Le vent s'est levé, le sable s'est soulevé, et nous nous sommes pris ca dans la figure toute la journée. Il doit y avoir une théorie comme quoi quand on fait du vélo en montagne, quelque soit la direction dans laquelle on pédale on a toujours le vent de face. Que ce soit en monté, en descente, en allant vers le Nord, le Sud, l'Est ou l'Ouest, c'est systématique ! Alors pour un test, c'était plutot très médiocre. Le soir, nous étions complètement morts, sonnés par le vent et la gorge remplie de sable.

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   Voila ! Nous avons estimé qu'il aurait été trop dur de passer les deux derniers cols dans ces conditions de vent et de froid. On aurait pu se forcer à continuer mais ca n'avait aucun sens ; nous n'avons rien a prouver ! Alors nous avons cherché puis trouvé un bus chinois qui a accepté de nous prendre (avec vélos et chargements) sur les derniers km avant la frontière, kilomètres de piste défoncée et très poussiéreuse. Le trajet était long et le passage à travers la chaine himalayenne inoubliable. Mais le plus impressionnant a été cette descente en lacets vertigineux jusqu'à Zanghmu, ville-frontière avec le Népal ; imaginez une descente de plus de 110 km, qui depuis les sommets enneigés se jette au fond de la jungle népalaise. Avec plus de 4700 m de dénivelé, c'est sans doute une des plus grande descente du monde. Et dans cette descente, nous voyons la mort à chaque virage - il faut avoir le coeur bien accroché en passant à seulement quelques cm de précipices de plusieurs centaines de mètres, tout en confiant notre vie aux mains d'un conducteur fou qui s'amusait à déraper sur les plaques de verglas, à prendre des bosses qui nous envoyaient au plafond et à froler les camions qui montaient en sens inverse sur une route très étroite !

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   Zanghmu : "Regardes Matthieu, des arbres !" Yeepee !! Depuis le temps que nous n'avons pas vu une plante. On ne croirait pas mais un mois sans voir de verdure, ca crée un sacré manque ! Ca y est, on redescend sur Terre ! Demain, passage au Népal ; on exulte ! On commencait à en avoir assez des paysages désertiques, du froid, de la culture tibétaine, etc. Il est grand temps de passer à autre chose !

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ARTICLE 2/2 : ETAPE  Zanghmu - Katmandou

 La Terre Promise !! C'est comme ca que l'on voit le Népal. Le 17 décembre, c'est le jour J tant attendu ; cette fois nous allons vraiment sortir de l'Empire Chinois. Enfin !! 1er contact avec la culture népalaise : ces camions bizarres qui ressemblent à des camions de cirque. Ils n'ont rien de commun avec ce que nous connaissons. Colorés, personnalisés, aux formes étranges et aux klaxons mélodieux, ces camions ornent des slogans peints à la main du genre : "Slowdrive, longlife" ou encore "No girlfriend, no tension !". C'est des marrants ces népalais !

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   On se pointe donc à la frontière, le sourire aux lèvres et là... on se fait refouler. @#$%^&* ! C'est l'heure du déj ! Faudra attendre 2 heures avant que ca ouvre à nouveau. Ca y est, on peut y aller... c'est long : après un pseudo no-man's-land en lacets vertigineux de piste complètement défoncée, nous arrivons à un pont. C'est ici la réelle frontière avec militaires et contrôles de chaque côté. C'est un véritable Cafarnaum : des véhicules et rangées de personnes prenant le pont en direction de la Chine nous bloquent le passage. Passerons-nous ? Oui, grâce à quelques vieillards qui nous aident à porter nos vélos au dessus de la foule ; les gens s'écartent et laissent passer les deux occidentaux ! C'est incroyable, ce passage de pont suffit pour nous faire changer de monde... Les gens sont vraiment différents, de physique comme de tenue vestimentaire (très colorées : femmes en sari, la tenue traditionnelle indienne) ; les voitures aussi sont différentes, l'architecture des maisons etc. 15 km de vélo : c'est la distance que nous parcourerons dans la journée en roulant ... à gauche (comme toutes les anciennes colonies anglaises). 15 kilomètres de pur bonheur !

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   Cette Terre Promise... c'est la redécouverte des sens !!!

· Une végétation luxuriante verte (bananiers et plantes tropicales) pour nous en mettre plein la vue, tout comme les jolies népalaises.

· Le bruit des torrents et le chant des oiseaux.

· La chaleur du soleil qui nous caresse la peau à travers l'humidité légère de la jungle.

· Les odeurs de la forêt et des plantes tropicales.

· Mais aussi le gout de cette merveilleuse cuisine népalaise.

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   Nous nous arrêtons dans une petite guesthouse familiale fort sympathique. Les gens, très accueillants et chaleureux parlent un super anglais ; ca change de la Chine ! En plus c'est beaucoup moins cher... Après un excellent diner, bercé par le bruit de la rivière qui passait juste à côté, nous nous endormons pour une petite nuit de... 14h. Si nous avions parfois du mal à trouver le sommeil en altitude, maintenant c'est le contraire : nous dormons comme des loirs. Sans doute une conséquence de la grande quantité de globules rouges que nous avons développé au Tibet.

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   Pour info, nous avons 4h45 de décalage horaire avec la France ; les népalais ne font pas comme les autres décidément ! C'est sans doute une nouvelle manière de se différencier des indiens. C'est comme pour leur drapeau : le Népal est la seule nation du monde à avoir un drapeau qui n'est ni rectangulaire, ni carré.

   Casques sur la tête, on descend... une descente qui n'en fini pas au milieu d'une végétation de plus en plus dense. De ce fait, l'humidité ambiante est plus forte et nous transpirons. Enfin, nous ne nous en plaindrons pas : c'est tellement agréable de circuler en t-shirt alors que nous étions sur-couverts là-haut dans la montagne... La descente durera toute une journée pendant laquelle nous ne cesserons de nous émerveiller devant de tels paysages. Etre dans la jungle et voir les sommets de l'Himalaya en toile de fond : 100 % bonheur !!

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   Nous dormons tout en bas, à 540 m d'altitude. Cela veut dire que le lendemain, il faut remonter 1000 m de dénivelé. Et bah franchement, sans se vanter, on les a montés presque comme si c'etait du plat. Pas un seul essouflement, pas un saut de rythme cardiaque. Nickel... là aussi, on peut remercier nos globules rouges... Arrivés en haut, nous ne sommes plus qu'à quelques km de Baktapur, notre destination du jour. Il s'agit d'une ancienne capitale royale, avec un centre-ville médiéval magnifique. Nous y passerons deux jours avant de nous rendre à Katmandou, situé quelques 15 km plus loin.

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   Baktapur est une petite cité charmante, qui a su conserver un aspect médiéval fantastique. Le charme de cette ville se découvre en déambulant au hazard dans les petites ruelles, dont la plupart sont encore pavées de briques rouges comme dans le temps. C'est aussi une merveilleuse petite ville de paysans et d'artisans, parsemée de palais, de temples et de superbes demeures. Nous avons passé deux jours très sympas à circuler dans les petites ruelles, sur la place du palais royal au coucher du soleil, ou bien dans la principale rue commercante à marchander quelques souvenirs.

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   Nous avons relié en une petite heure Katmandou, point d'arrivée de notre voyage à vélo ! Les derniers km nous ont donné un avant-gout de la capitale : une circulation complètement folle, des népalais au volant plus dangereux que jamais (Il n'existe pas de code de la route dans ce pays), et un beau nuage de pollution ! Nous sommes arrivés à notre guesthouse, vraiment heureux, après 850 km de route. Vive le Népal ! Aujourd'hui, nous avons retrouvé Vidian et Armelle avec qui nous allons maintenant préparer et fêter Noël dignement !

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   Voilà, c'est donc ici que s'achèvent nos aventures en vélo. Un grand merci pour tous vos encouragements et vos messages qui nous font toujours autant plaisir. Il ne nous reste maintenant plus qu'à vous souhaiter à tous et à toutes un Très Joyeux Noël ainsi qu'une bonne nouvelle année. On vous embrasse bien fort !

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Eh oui ! Y a même des 2CV au Népal

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03 décembre 2007

Quelques news de notre traversée du Tibet

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   "Tashi dailai" ! (Bonjour en Tibétain). Nous revoilà sur le net pour quelques news après avoir terminé le premier tronçon de notre traversée du Tibet à vélo. 7 jours sur nos selles, 400 km de route contre le vent, 2 cols à haute altitude, le froid des nuits tibétaines etc... Cette première étape n'était pas façile mais c'était vraiment une route magnifique ! Nous sommes maintenant à Shigatsé où nous nous reposons un peu avant de nous attaquer aux pistes hautes et sinueuses de l'Himalaya. Voici en quelques phrases le récit de ces 7 jours de folie...

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   7h30 : le réveil sonne ! C'est l'heure de s'activer pour le grand départ ! La nuit n'a pas été de tout repos ; on pensait aux détails que l'on aurait pu oublier, aux difficultés que l'on devrait affronter, etc. Nous avions le choix entre trois routes pour rejoindre Shigatsé, la grosse étape de notre traversée :

· La route du nord : des cols à plus de 5400 m : impossible.

· La route du centre : plate, la plus courte, beaucoup de traffic .

· La route du sud : plus jolie, plus longue et deux cols (4794 et 5045 m).

   Nous choisirons la route du Sud même si nous ne sommes pas autorisés à l'emprunter (il y a beaucoup de zones "fermées" au Tibet où il faut détenir un permis particulier pour y accéder). Quasiment pas de traffic, des paysages magnifiques... ça, c'est pour nous ! C'est vrai, il y a ces deux cols (1200 m de denivelé pour le 1er) et nous ne sommes pas entrainés, mais tant pis... Advienne que pourra ! Nous mettrons le temps qu'il faudra, nous ne sommes pas pressés.

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   Un énorme petit-déj plus tard, nous chargeons les vélos. C'est lourd... tres lourd ! On va déguster en grimpant jusqu'aux cols. Bouteilles d'oxygène, réchaud et recharges de gaz, ravitaillement de nourriture et d'eau pour une semaine, la tente et nos sacs de couchage grand froid : tout y est ! Cette fois nous sommes prêts à lever le camp !  Pause photo obligatoire devant le Potala et les tibétains intrigués puis nous quittons Lhassa, accompagnés sur les 25 premiers km par notre escorte de choc : Jennifer, Chloé et Bérénice.

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   Petit coup de stress au passage de chaque voiture de la police ou de l'armée chinoise. Il faut dire que nous n'avons aucun permis de séjour au Tibet (ceux-ci ne sont pas délivrés aux voyageurs indépendants) et que le camping sauvage est formellement interdit en Chine. Mais finalement les autorités ne prêteront pas attention à nous, du moins jusqu'à maintenant...

   Après deux premiers jours de vélo sur du plat commencent les hostilités. Kampa-La : c'est le nom du 1er col que nous aurons à franchir. 1200 m de denivelé sur 27 km de monté jusqu'à 4794 m. C'est dur ! Nous sentons le manque d'oxygène à mesure que nous grimpons... Petit plateau, grand pignon, nous n'allons guère plus vite qu'un marcheur et nous faisons des pauses tous les km. Un petit coup d'oeil à l'altimètre de temps en temps permet de se réconforter. Nous terminerons les derniers km en poussant les vélos...

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   Nous voilà au sommet ! Quel spectacle ! Assis sur nos selles, sous les fanions et foulards multicolores qui symbolisent le passage des cols tibétains, nous pouvons admirer les sommets environnants, constater l'ensemble de notre asenscion en regardant en bas dans la vallée et surtout découvrir avec émerveillement les paysages magnifiques de l'autre coté du col ; comme s'il s'agissait de la Terre Promise ! Un lac d'une couleur turquoise incroyable entouré de montagnes brunes aux sommets enneigés, éclairés par le soleil de la fin de journée. Splendide !

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   Yeepee ! C'est parti pour la descente ! Nous dégustons les quelques km qui nous emmèneront au lieu où nous établirons notre bivouac. Ce soir, ce sera sous un pont... un pont passant sous la route ! Nous serons mieux protégés du vent et du froid, d'autant plus que nous sommes à 4600 m d'altitude. Nous terminons une journée épuisante, fiers d'avoir grimpé ce col ; mais nous ne nous sentons pas très bien. Sans doute l'altitude ! Une seule solution : boire (de l'eau bien sûr) et se "shooter" à l'oxygène !

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   Le degré de la pente est parfois difficile mais ce n'est pas le pire. Le vent !!! Voilà celui qui nous donne le plus de fil à retordre ! Lorsque nous pédalons sur du plat, nous sommes parfois arrêtés net. Et puis le pire c'est lorsque nous grimpons un col. Ce n'est déjà pas façile mais il n'y a rien de mieux pour casser les jambes qu'une bonne rafale. Heureusement, nous n'avons pas eu de neige ou autres intempéries - nous n'avons presque vu aucun nuage, que du soleil et ça... c'est bon pour le moral !

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   D'ailleurs on dit souvent que le moral est au fond des gamelles. Et là, il y a un problème ! Aucun de nos repas n'était vraiment bon ! Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Toujours à base de pates ou de riz, nous essayons d'y ajouter divers aliments (cacahuètes, oeufs durs, curry, salami etc.). Rien à faire ! C'était généralement un peu "immonde". La prochaine fois, nous achèterons du riz et des pates de meilleure qualité. Pour couronner le tout, sur les quatre recharges de butagaz que nous avions, trois d'entres elles se sont arretées de fonctionner après quelques minutes d'utilisation seulement. Vive le matériel chinois !

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   Mais c'est le jeu ! C'est l'aventure ! Et puis le sourire de ces enfants tibétains sur notre passage, les grands signes de la main pour nous saluer, les "hellos" des adultes tout contents de voir des étrangers, l'empressement des gens à nous aider dès que nous cherchions notre chemin... Ca fait chaud au coeur ! Il faut dire que deux jeunes circulant avec leurs vélos et leur tente, ce n'est pas très courant, du moins en cette saison. Un matin, alors que nous avions établi notre campement dans un endroit désert à l'écart de la civilisation (et de la police notamment), nous nous réveillons tranquillement. Un jeune tibétain sorti de nulle part arrive et, curieux, il reste avec nous pendant une bonne heure. Il ne parle pas anglais, nous ne parlons pas tibétain ; la communication est difficile ! Nous partageons le petit-déj (riz au curry - dégoutant) avec lui, puis il nous aide à ranger le coin. Un grand sourire, puis il s'en va...

   Sur la route, il y a peu de monde ; quelques tracteurs avec un chargement monstrueux ou transportant parfois une 15aine de personnes, de temps en temps des jeeps de touristes, etc. Pour l'anecdote, alors que nous montions le deuxième col avec difficulté, une voiture s'arrête et un tibétain nous tend des bouteilles d'eau... Cool ! Mais les rencontres n'étaient pas toujours aussi bonnes ; en montant ce même col, Matthieu tombe nez-à-nez avec un chien errant, un molosse furieux se mettant à lui courir après en aboyant. Pris de panique, Matthieu passe les vitesses, le compteur s'emballe... quelques centaines de mètres plus loin, le chien bat en retraite. Ouf ! Il faut dire que la rage est présente au Tibet et que l'on se doit d'être très prudent.

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   Au bout de six jours de vélo, nous sommes arrivés à Gyantsé, une ville tibétaine plutôt bien conservée ! C'était l'occasion de prendre une bonne douche, de se refaire une petite santé et surtout de découvrir encore la culture tibétaine. Le soir, nous rencontrons par hasard, en plein ville, nos trois amies de Lhassa (Jennifer, Chloé et Bérénice)... Encore de bons moments passés ensemble.

   Une journée de vélo plus tard (100 km de plat), nous sommes à Shigatsé d'où nous vous écrivons ce message. Nous sommes très satisfaits de ce début de traversée du Tibet. Ce n'était pas toujours façile mais nous sommes prêts à recommencer pour traverser l'Himalaya ; la région est tellement belle ! Et puis nos vélos tiennent bien et il ne fait pas encore trop froid. Prochaine et dernière étape : KATMANDOU ! Nous y rejoindrons quelques amis français pour fêter Noël ensemble. Nous prévoyons deux semaines de vélo et sûrement un passage par le camp de base de l'Everest avant d'y arriver. Là aussi, nous verrons certainement de très beaux paysages, des sommets vertigineux (le toit du monde), nous rencontrerons encore beaucoup de tibétains, nous visiterons d'autres lieux sacrés de la religion lamaique... bref, de belles perspectives pour les jours prochains.

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   Voila ! Merci de nous lire et nous vous donnons RDV dans une bonne 15aine de jours sur le blog pour de nouvelles news de notre traversée du Tibet en vélo...

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22 novembre 2007

Nous ne sommes pas fous !

   Bonjour  a tous !

   C'est sur qu'il s'agit la d'une véritable aventure. Nous prenons toutes les mesures de sécurité possibles et nous ne prenons aucun conseil a la légere. Les températures sont certes froides la nuit (encore que pas a Lhassa), mais la journée en revanche il ne fait pas froid du tout. Par exemple, il fait 15 degrés cet apres-midi. Le froid pendant la journée n'est pas a craindre. Pour la nuit, nous sommes vraiment tres tres bien équipés, et s'il faisait trop froid, nous pourrions trouver une solution pour dormir ailleurs que sous notre tente. Pour l'altitude, c'est vrai qu'un col a 5000m n'est pas a prendre a la légere ; nous ne monterons que tres progressivement et a notre rythme. Nous ne passerons que quelques heures a cette altitude, le temps de passer le col puis de redescendre : l'altitude moyenne de la route (4000m) est a peine plus haute que celle de Lhassa (3700m), ou nous sommes tres bien acclimatés. Nous avons pris les renseignements a l'école d'alpinisme de france et nous savons que le fameux MAM (mal des montagnes) ne survient pas pour un court moment passé en haute altitude. En tout cas, nous ne dormirons JAMAIS a ces altitudes. La route est fréquentée car c'est une route commerciale et de tourisme, donc nous trouverons toujours quelqu'un pour nous aider en cas de probleme. Dans le pire des cas, on pourrait meme embarquer dans une Jeep qui nous amenerait directement a la prochaine ville.

   Voila ci-dessous des cartes du parcours.

Tibet

Tibet__2_

   Voila voila, nous espérons que ce message vous rassurera un peu. Nous ne sommes pas fous ; nous sommes tres conscients des dangers de cette aventure, qui malgre tout ne sont pas considerables,  et nous avons pris toutes les dispositions pour les limiter au maximum et y faire face.

   Nous aurons peut-etre acces a Internet a Shigatsé, d'ici une semaine, ou nous vous donnerons quelques nouvelles. Ce premier troncon d'environ 300 kms, pas tres haut et sur route goudronnée nous permettra de nous rendre compte de la difficulté de la route. Si les conditions sont deja difficiles, nous reverrons alors notre décision de continuer en vélo jusqu'a Katmandou...

   Merci beaucoup pour l'affection que vous nous portez. Nous vous embrassons tous bien fort

Renaud et Matthieu

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20 novembre 2007

Lhassa - Katmandou en vélo

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   Apres avoir étudié toutes les infos que nous avons pu trouver sur la faisabilité du trajet Lhassa-Katmandou en vélo, nous avons pris la décision de partir. Le départ est fixé le 24 novembre aux aurores. Cette route, pavée en grande partie et en terre par endroits, longue de 1000 kms, traverse les hauts plateaux tibétains puis l'Himalaya avant de rejoindre le Népal. C'est la route la plus haute du monde avec une altitude moyenne de 4000 m et plusieurs cols aux alentours de 5100 m. Pendant plusieurs jours, nous avons essayé de nous faire une idée objective de la situation, en mettant de coté notre désir d'aventure et en se renseignant principalement sur : les températures au Tibet pour la période novembre-décembre, les difficultés respiratoires dues à l'altitude, la localisation des check-points tenus par les militaires chinois, les possibilités de ravitaillement sur la route etc.

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   L'altitude ne devrait, à priori, pas trop poser probleme ; le temps passé a Lhassa nous a permis de bien nous acclimater. Et si jamais l'un de nous ressentait le mal des montagnes, nous avons avec nous des bouteilles d'oxygene qui permettent de diminuer temporairement les effets ; cela nous laisserait le temps de redescendre en vitesse. Nous nous sommes aussi bien renseignés sur la localisation des check-points tenus par les militaires sur la route. Officiellement, nous n'avons pas le droit de voyager seuls au Tibet  (c'est a dire sans agence de voyage) et nous devons etre en possession d'un permis de séjour au Tibet. Mais ce permis est délivré qu'aux seuls voyageurs en tour organisé ; nous ne l'aurons donc pas. Heureusement, nous savons ou se trouvent ces check-points et cela nous sera bien utile. Cela dit, des cyclistes nous partageant leurs experiences nous ont dit que les militaires chinois ne sont souvent pas trop malveillants envers les routards... Mais bon, ca se joue essentiellement a la tete du client (et peut-etre à la barbe !). La solution pour éviter les controles consiste a passer les check-points de nuit. Nous aviserons sur le moment !

   La principale difficulté, qui nous fait "un peu" (vraiment) peur, est le froid glacial nocturne. On annonce en ce moment du - 30 degrés, la nuit, au camp de base de l'Everest, région dans laquelle nous serons d'ici 10 a 15 jours (environ 600 kms de route). Pour etre honnetes, cela ne nous rassure pas vraiment, mais nous sommes bien équipés contre le froid et nous pouvons dormir sous tente a des températures extremes. Nous avons pris conseil aupres de professionnels pour acheter nos sacs de couchages, tapis de sol et autres équipements.

   Quelques mots plus rassurant cependant ! Nous avons décidé de partir par gout pour l'aventure, pour vivre une expérience folle ; atteindre Katmandou en vélo est un reve pour nous. Nous partirons dans quelques jours avec beaucoup d'incertitudes, mais nous serons prets à renoncer si les conditions (de froid avant tout) étaient vraiment trop difficiles. Nous n'avons rien a prouver ! Un autre point important : la route est assez fréquentée et nous traverserons des villages tres regulierement. Nous ne serons donc jamais seuls tres longtemps en cas de problemes. Voila !

   Enfin, nous sommes heureux comme des rois a l'idée de partir !         

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17 novembre 2007

A Lhassa !

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   1950,  80 000 soldats chinois de l'Armée Populaire de Libération marchent en direction du Tibet Oriental. Mal préparés, les Tibétains ne peuvent lutter efficacement contre cette invasion et un an plus tard, le Tibet devient définitivement intégré a la République Populaire de Chine. La Chine justifie son intervention : le Tibet est un pays féodal où règne le servage, d'où la nécessité de libérer ce peuple asservi. 1 000 000 de tibétains seront exterminés par les hommes de Mao... Depuis plus d'un demi-siecle, le Tibet subit toutes les atrocités de la politique "d'éducation patriotique" menée par le gouvernement central : destruction de la quasi-totalité des temples et monasteres, mise en place de camps de réeducation, les condamnations a mort sont pratiques courantes pour les tibétains soupconnés d'activité ''anti-régime'', et les moines sont obligés de renier le Dalai-Lama sous peine d'emprisonnement ou de torture. Les autorités chinoises ont d'ailleurs annoncé qu'elles choisiraient officiellement le 15eme Dalai-Lama...

   Lhassa n'est plus la cité interdite d'antan. Elle est actuellement peuplée de 70% de chinois, émigrants (colonisateurs !) des provinces voisines du Sichuan et du Yunnan pour la plupart. En discutant dans le train entre Golmud et Lhassa, une question revient tout le temps : Qu'allons nous trouver a Lhassa ?  Reste-il une "ame tibétaine" ou la politique de sinisation du Tibet a-t-elle ''réussie'' ?

   20h00, le train arrive en gare de Lhassa. Super, notre guide, un tibétain, nous attend a la sortie de la gare ! Nous étions persuadés que ce serait un chinois ! Pour info, nous avons été obligés de payer un guide pour trois jours afin d'obtenir le permis d'entrée au Tibet. Mais bon, il est super sympa et parle un anglais pas mal du tout ! Le lendemain matin, il nous propose de nous rendre au Jockang, le temple le plus sacré du Tibet et un des rares temples a ne pas avoir été détruit. Nous circulons a travers les ruelles, croisons les regards de tibétains (ouf il n'y a pas que des chinois !), puis, alors que nous approchons, nous distinguons au loin une foule en mouvement devant le temple. Mais qu'est ce qu'ils font ? Nous arrivons alors a leur niveau et quelle ne fut pas notre stupeur : des milliers de pélerins tibétains se prosternent a l'entrée du temple, s'allongent a plat ventre puis se remettent debout sans jamais s'arreter. C'est incroyable ! Nous nous sentons véritablement plongés dans un autre monde. Des pélerins affluent encore de tous les cotés et se rapprochent du temple sacré au rythme de trois pas, prosternation a plat ventre, trois pas, prosternation et ainsi de suite...

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   Ce doit etre épuisant ! Quelle ferveur religieuse ! Nous réalisons alors que Oui, l'ame tibétaine est toujours bien la ! Le gouvernement de Beijing enrage de voir qu'apres 50 ans de révolution culturelle et ''d'éducation patriotique", la dévotion des tibétains envers leurs lamas est toujours aussi forte. Nous rentrons dans le Jockang.

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   L'ambiance est inimaginable, nous n'avons jamais été aussi dépaysés. Une foule de pélerins fait la queue pour se prosterner devant les milliers de Bouddhas ; c'est la cohue, les gens nous regardent, sourient, puis s'en retournent aussitot a la priere. Et nous circulons, les yeux ébahis, a travers la foule. Au millieu, des moines étudient les paroles du Bouddha en chantant, alors qu'a l'étage du dessus, le grondement puissant d'un gong retentit. Nous sommes véritablement fascinés.

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   A la sortie du temple, nous restons de nouveau unr bonne heure bouche-bée a regarder tous ces pélerins. Beaucoup de tibétains nous saluent d'un "hello" avec un grand sourire, viennent nous voir pour échanger quelque mots ou poser, ravis, pour une photo.

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   Les enfants sont les plus impressionnés, surement a cause de nos barbes et notre look européen. Ils se mettent systématiquement devant nous et nous regardent d'un air curieux et interrogatif. Mais les tibétains sont pauvres, tres pauvres. Les chinois monopolisent des pans entiers de l'économie, laissant une part importante des tibétains dans la misere. La mendicité est omniprésente, dans les rues, dans les restos ou une dizaine de mendiants peuvent passer en une heure. Des enfants de moins de 6 ans mendient souvent, nous tirent nos vetements pour nous arreter dans la rue... Triste spectacle vraiment !

   Depuis que nous sommes arrivés a Lhassa, nous sommes surpris de constater les similitudes entre les peuples mongols et tibétains : leur facies, leurs vetements, leur musique, leur facon de vivre... Mais il faut dire que dans le passé, la Mongolie a subit de grandes influences tibétaines, notamment d'un point de vue religieux, ce qui explique que 80% des mongols sont de religion lamaique.

   A l'heure actuelle, il existe toujours de grandes incertitudes concernant les possibilités de traverser le Tibet a vélo. C'est pourquoi nous resterons a Lhassa pour au moins 5 jours encore !

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13 novembre 2007

En route vers les contrées tibétaines !

   Tout simplement magique !!! C'est la notre 1ere impression de cette région mythique et mystérieuse que l'on appelle Tibet.

Xi_an___Lhassa

   Dimanche 11 novembre a 8h45, nous embarquons a bord du train numéro 27 a destination de Lhassa, pour un trajet de 36h sur la ligne de chemin de fer la plus haute du monde (4000m d'altitude moyenne sur les 1200 derniers kms !). Nous commencons a avoir l'habitude des longs trajets en train mais celui-ci s'annonce encore plus fous que les autres. Pour rejoindre Lhassa, nous allons traverser les hauts plateaux tibétains, serpenter entre les lacs gelés et monts enneigés, sous un ciel bleu tres pur dénué de toute pollution. Dans notre enfance, les aventures de Tintin au Tibet nous faisaient rever, et voila que dans quelques heures ce reve deviendra réalité, nous sommes dans un état euphorique.

Tintin

    Ca y est le train part... la journée s'écoule tranquillement au rythme des siestes, des lectures, des grignotages, des ballades entre les wagons et surtout...des heures collées a la fenetre a admirer les beaux paysages. Vers 10h du soir, Renaud se sent essouflé, surement la conséquence d' un changement de rythme ou d'une alimentation peu équilibrée... Quelques instants plus tard, en sortant des paquets de gateaux de son sac, matthieu s'exclame  " Ok j'ai compris ! regardes comme les paquets sont gonflés ! Normal que tu te sentes essouflé, on doit déja etre bien en altitude ! " Eh oui, nous commencons déja a ressentir le manque d'oxygene.

     La nuit est agitée et le sommeil difficile a trouver, mais quel spectacle au réveil !

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   Des paysages hors du commun défilent a travers les fenetres : d'un coté des plaines a perte de vue dont la neige immaculée scintille sous les rayons du soleil, de l'autre coté des montagnes qui nous laissent imaginer les contreforts de l'Himalaya. Quelques traces de vie rompent avec la solitude des lieux : des troupeaux de yacks éparsent, un loup errant dans la neige, des rapaces tournoyant dans le ciel... L'instant est a la méditation !  Un petit coup d' oeil sur l'altimetre du wagon : 4900m ! Whaou ! Plus haut que le Mt Blanc ! Nous montons encore un peu pour arriver au point culminant a 5072m d'altitude. Nous avons toujours un peu de mal a respirer mais heureusement des petites valves distribuent de l'oxygene dans le train.

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  C'est l'heure du petit dej. Pour rejoindre le wagon-bar, il nous faut traverser 6 ou 7 voitures et c'est l'occasion d'un premier contact avec la population tibétaine. Surement embarqués a la gare de Golmud au cours de la nuit, ils occupent les sieges de la 3eme classe ou dorment par terre. Aucun doute, ces hommes, ces femmes et ces enfants, qui ont un teint beaucoup plus mate que les chinois et les yeux verts tres clairs sont forcement tibétains. A premiere vue, ils ressemblent beaucoup a l'image que nous nous faisons des indiens d'Amerique... les femmes ont de grandes nattes tres brunes, les hommes et les moines ont les cheveux beaucoup plus court. Ils sont vetus de leurs traditionnelles tuniques aux couleurs éclatantes, rouge pour les moines : c'est magnifique ! Visiblement tres accueillants, ils nous saluent avec des "hellos" et un grand sourire aux levres.

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   Sur le coup de 14h00, le train s' arrete dans une gare perdue a 4513m ! Super, nous sortons, c' est l'heure de tester notre capacité a résister au mal des montagnes ! Le souffle est un peu court, mais nous nous sentons plutot bien, nous sommes contents ! Il y a peu de molecules d'air mais contrairement au reste de la Chine, ici, elles sont pures !

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   Renaud entame les hostilités en tentant d'écraser une boule de neige sur la tete de Matthieu, lequel riposte immédiatement ! 3min plus tard et une dizaine de boules de neige envoyées, Renaud a la tete qui tourne, Matthieu tient moyennement sur ses jambes, il est temps de rentrer vite dans le wagon pour les dernieres heures de voyage ! Pas de la rigolade a cette altitude, il faudra bien s'acclimater a Lhassa !

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08 novembre 2007

Xi'an

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   Alors la, nous commencons sérieusement a rebrousser chemin vers l'Ouest.

   Nous sommes maintenant pour 5 jours a Xi'an dans la province du Shanxi. Cette petite ville (a l'échelle chinoise) de 7 millions d'habitants, qui fut la capitale de deux grandes dynasties chinoises, marque le point de départ de la route de la Soie. Si vous n'avez jamais entendu parler de Xi'an, peut-etre que l'Armée enterrée vous dit quelque chose. Il s'agit d'un des chantiers archéologiques les plus fous de la planete... Il y a maintenant 22 siecles, un roi s'ennuyait dans son petit royaume et décida tout simplement d'aller conquérir tous ses voisins. Il réalisa ses reves de conquete et apres avoir unis les royaumes de Chine, il s'autoproclama Qin Shi Huangdi, premier auguste empereur de la dynastie des Qin. Hanté par la mort, Qui Shi Huangdi voulait un tombeau a la dimension de sa peur et désira s'entourer d'une armée puissante qui puisse l'accompagner pour l'éternite. Depuis, 7000 guerriers et chars en terre cuite, prets au combats, veille a la protection de l'empereur.

  Aujourd'hui, nous avons pu circuler autour de ces colonnes de soldats, impressionants et si bien conservés. Mais en voyant ces énigmatiques statues, on ne peut pas s'empecher de penser aux 500 000 hommes qui travaillerent ici pendant 36 ans sur le tombeau de l'empereur ; tombeau que nombre d'entre eux rejoignirent !

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   Demain, nous partirons pour le Mont Huashan, haut de 2162m, qui est la plus haute des montagnes taoiste de Chine. Beaucoup  de marches nous attendent... Oui car plusieurs milliers de marches permettent d'accéder au top de cette montagne qui offrent apparement des panaromas uniques sur la région. Nous verrons...

   Enfin, Xi'an resprésente surtout pour nous la derniere étape avant le Tibet. Il nous faut gérer toutes ces histoires de permis et d'entrée etc... d'autant plus que les faits récents d'actualité font que l'acces au Tibet est spécialement restreint en ce moment. Bref, apres une journée passée a trouver la solution la moins chere pour rejoindre Lhassa, nous avons été clairement "obligés" de prendre, en plus du permis (cher), un guide (ou garde du corps surveillant nos déplacements) pour 3 jours ce qui nous revient a une petite fortune - argent qui ne reviendra pas aux tibétains mais bien a ces #### de chinois ! Et le pire dans tout ca, c'est que le permis sera valide que pour 5 jours. Comme nous entendons tout et n'importe quoi sur le Tibet, nous avons décidé de nous rendre sur place et voir ce que nous pouvons faire pour le vélo. La seule chose sure, c'est que nous partons dimanche matin pour Lhassa ; pour la suite... Advienne que pourra !

   Pour ne plus trop penser a tout ca, nous profitons du quartier Hui de Xi'an. Les Hui sont une éthnie musulmane, a l'origne de grands marchands installés depuis longtemps au 4 coins de l'empire. Ce quartier est tres intéressant : tables et chaises envahissent les trottoirs, les ventilos rafraichissent la viande, aspirent les fumées des brochettes misent a griller et des centaines d'ampoules se mettent a briller des la tombée de la nuit. Dans la rue, l'ambiance se prete a un spectacle de brouhahas, klaxons, vélos, charettes et colporteurs. C'est vraiment sympa de gouter a leurs specialités, marchander des babioles, admirer la Grande Mosquée construite dans le style des temple taoistes, etc...

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   Et puis le soir, nous retrouvons Marion, Eric ou d'autres routards de passage a Xi'an, et souvent rencontrés lors de nos différentes étapes depuis Moscou.

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Posté par Les routards 3 à 16:10 - 07. CHINE-TIBET-NEPAL - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pingyao

    Pingyao est une miraculée. Ce petit village a quelques centaines de kms de Pékin a pour l'instant échappé a la politique de destruction et de modernisation entamée en chine, politique inévitable liée a la croissance économique fulgurante. A 8h30, apres une nuit passée dans le train, nous traversons a bord d'un Tuk-Tuk les remparts entourant le village, puis nous pénétrons dans les petites rues et ruelles bordées de vieilles maisons chinoises et de leurs toits si typiques !

Pingyao__2_

    Arrivés a la Guest-House, nous posons nos sacs, puis retrouvons Marion arrivée deux jours plus tot. Ca tombe bien, elle est motivée a fond pour se ballader toute la journée et explorer les endroits les plus perdus et les ruelles les plus minuscules !

    Nous arpentons d'abord les deux rues principales tres animées. Bordées de petites échopes, tout le monde vient acheter ici ce dont il a besoin : nous achetons des souvenirs, les villageois de la nourriture ou autre chose. Il faut négocier ferme ! Au niveau d'un carrefour, sur le trottoir, une dame assise sur son vieux tabouret fait fonctionner sa rustique machine a coudre. Nous en profitons pour faire quelques réparations sur nos affaires !

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     Puis nous apercevons une vieille dame en train de cuisiner des petits beignets. Il s'agit d'une des specialités culinaires de Pingyao, et pour quelques yuans, on peut gouter ces délicieux beignets sucrés au caramel et aux noix. Merveilleux ! Pingyao a vraiment gardé a un charme fascinant, et nous avons l'impression que les traditions et la vie d'antan sont restées presque intactes. Miraculeux et presque inimaginable dans un pays qui court apres la modernité et qui se développe si vite... Requinqués par ces beignets, nous commencons a jouer dans la rue avec des chinois qui nous invitent a rejoindre la partie. Nous intégrons le cercle formé par les joueurs. But du jeu : shooter dans une sorte de palet plein de plumes et l'envoyer a quelqu'un, qui le renvoie a son tour a quelqu' un d'autre... Le palet ne doit pas tomber par terre !  Nous jouons un bon quart d' heure, rigolons, puis il est l'heure de continuer ! Nous quittons les deux rues principales pour aller se perdre dans les mini ruelles, au hazard. C' est finalement aussi comme cela que l'on profite et que l'on s'impregne de Pingyao.

     De nombreuses anciennes demeures et temples sont visitables. On retrouve systématiquement la meme organisation et la meme architecture. Dans un ancien centre d'art martiaux, on en profite pour s'emparer de vieilles armes et jouer avec, ce qui est évidemment formellement interdit :-) !

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    Nous visitons aussi plusieurs temples taoistes. Alors que nous rentrons dans l'un d'eux, un pretre taoiste nous accoste et sans qu'on voit le truc venir, nous fait une sorte de bénédiction bizzare qui nous coutera 30 Yuan (3 euros!) ! On ne se fera plus avoir !

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    Nous avons été vraiment emballé par ce village a milles lieux de la vie débordante et fourmillante de Pékin. Il s' agit d'un des derniers villages encore intact et témoin de ce que devait etre la chine d'antan, mais pour combien de temps ? !

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Posté par Les routards 3 à 16:09 - 07. CHINE-TIBET-NEPAL - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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